Face à la flambée des prix du carburant liée à la crise au Moyen-Orient, le Gouvernement envisage d’élargir progressivement les dispositifs d’aide aux secteurs les plus exposés. Invité de Public Sénat, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a indiqué que l’exécutif devait préparer l’économie française à « tous les scénarios possibles », notamment en fonction de la durée de la crise et de l’évolution de la situation dans le golfe persique.
Les secteurs agricoles, du bâtiment, de la pêche et du transport routier sont particulièrement concernés, en raison de leur dépendance directe aux carburants et, pour l’agriculture, aux engrais dont une part importante transite par le détroit d’Ormuz. Le coût global des mesures et de l’impact économique de la crise est estimé par le Gouvernement à 6 milliards d’euros.
Pour les entreprises, le point de vigilance porte désormais sur le financement de ces aides. Le Gouvernement affirme vouloir les couvrir par des économies sur le budget de l’État et de la Sécurité sociale, sans loi de finances rectificative à ce stade. Le débat sur une éventuelle contribution exceptionnelle des entreprises réalisant des profits élevés reste toutefois ouvert, dans un contexte de pression politique autour de la taxation des superprofits.
L’exécutif doit donc présenter en début de semaine prochaine une adaptation de l’ensemble des mesures destinées à préserver l’activité économique et le pouvoir d’achat, selon les annonces de Sébastien Lecornu à l’Assemblée nationale. Le Premier ministre a reconnu qu’il faudrait désormais « changer d’ampleur et d’échelle » tout en maintenant une logique de soutien ciblé.
Les mesures déjà annoncées représentent 380 millions d’euros, dont une indemnité de 50 euros destinée à trois millions de « travailleurs modestes et grands rouleurs ». Le soutien a déjà été renforcé pour les pêcheurs et les agriculteurs et élargi à d’autres professions particulièrement dépendantes des carburants, comme le bâtiment, les taxis et les VTC. David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, confirme que de nouvelles aides pourront être déployées selon la durée de la crise, notamment pour l’agriculture, le transport routier, la pêche et le BTP.
Le détail des arbitrages budgétaires reste toutefois en suspens alors que le Parlement pourrait contester l’absence de débat budgétaire formel.