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Hausse des prix du carburant : NAVSA négocie avec Bercy pour que la Profession soit aidée…

Alors que la guerre en Iran se prolonge et ne semble pas trouver d’issue, le conflit s’étend et ses conséquences s’aggravent. En effet, la « fermeture » du détroit d’Ormuz, par où circulent environ 20% du pétrole mondial, par les forces iraniennes a durement impacté le marché mondial : actuellement, l’Agence internationale de l’énergie estime que les exportations de pétrole depuis le Golfe sont réduites à 60% de leur niveau d’avant le déclenchement du conflit… A cela s’ajoute l’extension du conflit avec la prise de contrôle par les rebelles yéménites du détroit de Bab al-Mandab, « verrou » de la mer Rouge et porte d’entrée vers le Canal de Suez depuis le Moyen-Orient… L’Agence internationale de l’énergie estime ainsi que la prise du détroit de Bab al-Mandab est un nouveau « point critique » dans le conflit au Moyen-Orient, qui dégrade la situation du marché de l’énergie et empêche d’envisager un retour à la normale dans les prochains mois. En outre, l’extension du conflit à la mer Rouge entraîne une perturbation des flux maritimes plus importante encore en tant qu’elle affecte la circulation d’autres marchandises, parmi lesquelles le gaz naturel liquéfié (GNL), les engrais ou encore les produits chimiques et pétrochimiques… Les conséquences sont de deux ordres : pour certains produits, la raréfaction de l’offre, pour d’autres un renchérissement du prix sur le marché. En ce qui concerne les produits pétroliers, la France subit à la fois le choc sur le « brut » et sur les produits raffinés puisqu’elle importe, par exemple, une grande partie de son gazole. Or une part importante du gazole français (et européen) arrive du Golfe et transite par la mer Rouge et le Canal de Suez via le détroit de Bab al-Mandab désormais aux mains des rebelles yéménites alliés de l’Iran qui refusent la circulation des navires saoudiens dans la zone, entravant ainsi davantage le commerce des produits pétroliers et le rendant dangereux pour les navires qui seraient éventuellement autorisés à circuler. Les prix des produits raffinés augmentent ainsi à leur tour et plus fortement que le prix du brut, de sorte qu’une amélioration de la situation sur le marché du brut ne présume pas d’une « détente » sur le marché des produits raffinés, les deux « chocs » faisant chacun sentir leurs propres effets. Dans son scénario de référence, la Banque mondiale estime que les prix de l’énergie devraient grimper de 24% au cours de l’année 2026 et le prix des matières premières de 16% en moyenne. La plupart des analystes convergent également vers un scénario de crise durable et une perturbation des flux de marchandises au moins jusqu’en 2027, certaines banques envisageant même un prix du baril de brut à 120 dollars en cas d’aggravation du conflit et de destruction d’infrastructures.
 
Dans ce contexte de crise, la Fédération a initié dès le printemps des négociations avec le ministère de l’Economie pour aider les Professionnels confrontés à un surcoût important de l’activité. Cet été, Bercy a indiqué à NAVSA que le cas de la Distribution Automatique était à l’étude à la Direction Générale des Entreprises. Mais avec l’aggravation du conflit et de ses conséquences économiques, NAVSA a de nouveau alerté le ministère à la rentrée afin que la Profession soit reconnue parmi les « gros rouleurs » éligibles à l’aide d’Etat. Toutefois, la partie n’est pas gagnée à l’heure de la crise budgétaire et au moment où le Premier Ministre doit présenter son projet de budget au Parlement, indiquant les économies draconiennes auxquels sont appelés les pouvoirs publics… Pour autant, nous ne désespérons pas d’aboutir à un compromis raisonnable avec Bercy, dans l’intérêt de l’économie nationale qui doit être soutenue en période de crise.
 

L’Équipe NAVSA