L’actualité de la semaine

A la Une : la consigne encore et toujours en débat et l'opposition affirmée
de la ministre de l'Agriculture aux taxes comportementales

En trois semaines, la nouvelle ministre de la transition écologique, Monique BARBUT, a déjà changé deux fois d’avis sur la consigne plastiques – La ministre a ainsi confié aux sénateurs le 5 novembre ses hésitations – voire son désarroi – sur l’opportunité d’une consigne pour recyclage des bouteilles en plastique (cf. le rapport de l’ADEME d’octobre 2024 qui donnait des munitions aux partisans de la consigne). « Quand je suis arrivée au ministère [il y a trois semaines], j’étais contre. Ensuite, j’ai discuté avec [mes conseillers] et ils m’ont convaincu que c’était une bonne idée. Et puis, je suis venue ici [au Sénat] en visite et vos collègues m’ont convaincue que non, ce n’était pas une bonne idée […]. Donc, j’en suis toujours à un certain nombre de questionnements ». Un dilemme auquel ont été confrontés ses prédécesseurs – Christophe Béchu avait écarté la consigne au grand dam du Président de la République, tandis qu’Agnès Pannier-Runacher l’a ignorée dans son « Plan plastiques ». L’ancien ministre de l’écologie de Nicolas SARKOZY, Jean-Louis BORLOO, a averti Monique BARBUT, a-t-elle rapporté : « Il me dit : “Tu ne régleras pas cette affaire parce, qu’en fait, […] la France n’a toujours pas décidé […] si elle voulait être un État centralisateur ou un État décentralisé. Et donc, tant que cette décision n’aura pas été prise, on est dans des questions très compliquées.” » Sur le fond, « j’ai toujours les deux parties de l’équation, et je trouve que c’est un peu compliqué d’y répondre comme ça », a-t-elle conclu.

Autre sujet : Annie GENEVARD, ministre de l’Agriculture, fixe sa feuille de route pour l’agroalimentaire – Devant le congrès de Pact’ Alim, le 5 novembre, Annie GENEVARD, désormais chargée de l’agroalimentaire, en plus de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire, a présenté ses priorités, en réaffirmant son opposition aux « taxes comportementales », qu’elle juge « punitives » pour des entreprises déjà engagées dans les accords collectifs, et a assuré avoir l’appui du Premier Ministre pour bloquer toute nouvelle fiscalité sur les produits transformés. La ministre veut aussi « pacifier » les relations commerciales entre industriels et distributeurs. Une charte est ainsi en préparation entre ces deux maillons. La ministre promet une attention particulière aux PME et ETI, « sans la même puissance de négociation que les grands groupes », s’appuyant sur le ministre de la consommation, Serge PAPIN. Si ces efforts échouent, elle n’exclut pas un « Égalim 4 » et appelle Bruxelles à « mieux encadrer » les pratiques des centrales d’achat étrangères. À plus long terme, la ministre veut ancrer son action dans une logique d’investissement et de planification. Elle mise sur le fonds industriel agroalimentaire de 500 millions d’euros, sur un meilleur accès au capital pour les PME et sur le lancement, en décembre, des conférences de la souveraineté alimentaire.

Source : Contexte